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Le cabinet des fées; ou Collection choisie des contes des fées

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438 LES MILLE ET UN QUART D'HEURE , propres,mains, je les tuai tous deux; 8c après m'être faifi de la couronne, je me la mis moimême fur la tête. Tous les Perfans furent fi furpris de cette acfion extraordinaire, qu'ils ne pouvoient en croire leurs yeux. J'avouerai, feigneur, que j'en étois étonné moi-même, 6c que le ciel, qui connoiffoit la juftice de ma caufe, avoit fans doute infpiré aux lions que je combattis, la timidité 6c la douceur des agneaux, puifqu'ils fuyoient devant moi avec autant de frayeur que les foibles animaux évitent Ja dent carnacière des bêtes féroces. Enfin, feigneur, Kefra lui-même, ce Kefra que mes fujets avoient choifi pour les gouverner, fe jeta a mes pieds, il les embraffa; <6c me jugeant digne de la couronne qu'il m'avoit enlevée, il me reconnut pour fon fouverain maïtre, 8c termina la guerre par une foumiffion qui fut d'autant plus agréable, qu'elie n'avoit coüté la vie a aucun de mes fujets. Je montai donc fur Ie tröne oü, depuis douze ans, je me fuis appliqué a terraffer mes ennemis, & a faire le bonheur de mes peuples. Je leur ai procuré une paix tranquille dont je ne jouis pas moi-même, puifque la renommee, qui a publié a Hifpahan les rares qualités de Ia charmante Dara - Cha, m'a privé de cette douce tranquillité, J'airemis tout mon pouvoit entre