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510 Lés Voyageuses. bientöt négligée par les hommes les plus eftimés & les plus aimabies. La voir, la fuivre , la trouver trop eoquette, & 1'oublier, ne fut pour eux que 1'ouvrage de peu de jours.

Notre troifième avoit enfin été remarquécOn avoit commencé par s'appercevoir qu'elle avoit beaucoup d'efprit. On fe demanda bientöt , on examina fi effettivement elle étoit laide; & la fin de ce doute fut de la trouver extrêmement aimable. Eh comment ne pasconvenir de fon efprit ? Elle en trouvoit fi volontiers aux autres , & fe plailoit a démêler dans toutes les femmes ce qui étoit a leur avantage 1 comme une autre auroit cherché a les voir en ridicule ; ainfi on lui donnoit fa confiance , on vouloit fon amitié, on aimoit a la faire valoir. Mais il fallut partir, fes deux feeurs s'ennuyoient de cette cour ; elles vouloient abfolument aller dans quelqu'autre qui fut tout-a-fait différente, La fée les tranfporta dans un pays fort éloigné. Elles arrivèrent au milieu d'une grande ville, ou l'on ne voyoit que des palais, & dont les habitans d'une ftature noble & élevée j étoient habillés de gazes brodées de petits coquillages qui repréfentoient au naturel des fleurs , des arbuftes, des oifeaux ; & ce qui étoit plus fingulier encore, ceS mêmes habitans avoient le teint couleur d'aventurine ,avee des yeux d'ua

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