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Le cabinet des fées, ou Collection choisie des contes des fées

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ET LA BÉTE. IQQ

Ipfenfibletnent venu, & mon pouvoir augmentoit , mais !e défir de fervir ma fceur & vous , me perfuada que je n'en avois pas encore affez. Ma finccre amitie' me déguifant Ie péril des faf. tes dangereuxje voulus Ie franchir. Je devins ferpent , Sc je m'en tirai heureufement ; c'eft ce qui me mit en état d'agir fans myftère pour le fervice de ceux que nos mauvaifes compagnes oppriment. Si je ne puis pas dans toutes les occafions détruire entièrement les charmes funeftes , j'en ai fouvent le pouvoir , & du moins je fuis toujours la maitreffe de les adoucir par ma puiffance & par mes confeils.

Ma nièce étoit du nombre de celles a qui je ne pouvois faire la faveur entière. N'ofant découvrir 1'intérét que j'y prenois , il me parut plus a propos de la laiffer fous le nom de la fille du marchand; j'allois fous différentes formes la voir fouvent, & j'en revenois toujours fatisfaite. Sa vertu & fa beauté égaloient fon efprit. Agée de quatorze ans , elle avoit déja fait voir une conftance admirable dans la bonne & mauvaife fortune que fon prétendu père avoit éprouvée.

Je fus ravie de connoïtre que les plus cruels revers n'avoient point été capables d'altérer fa tranquillité. Au contraire , par fa gaieté, par la douceur de fa converfation, elle s'étoit fait un devoir de Ia ramener a fon père & a fes

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