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Troisieme orijection. contre Téïemaque.

RÉFONSE.

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D I S c O tT R g jours la ve'rité. C'est 1'idée d'Aristote conflrme'é par Horace. Quelques Historiens ont écrit aue JJidon etoitchaste , Pénelope impudique ; qu'Héiene n a jamais vu Troye , ni Enée 1'Italie Homere et Virgile n'ont pas fait difficulté de s'écarter de 1'histoire, pour rendre leurs Fables plus instructives. Pourquoi ne sera-t-il pas permis a l Auteur de Téïemaque, pour 1'iustruction dun jeune Prince, de rassembler les Héros de 1 antiquité , Téïemaque , Sésostris , Nestor , Idomenee, Pygmalion, Adraste ; pour unir dans un meme tableau les differents caracteres de» ±-nnces bons et mauvais, dont il falloit imiter les vertus, et éviter les vices.

On trouve a redire que PAuteur de Télema'Uï,"t 11nsé.rë 1'histoire des amours de Calypso et diiuchans dans son Poëme , et plusieurs descriptions semblables qui paroissent trop pas-, sionnees. r r

La meilleure réponse h cette objection, est lefFet quavoit produit Téïemaque dans le coeur au Prince pour qui il avoit été écrit. Les perBonnes d une condition commune n'ont pas le meme besoin d'être précautionnées contre les écueils auxquels 1'élévation et 1'autorité exposé ceux qui sont destinés a régner. Si notre Poëte ayoit ecnt pour un hommé qui eüt du passer sa vie dans 1 obscurité , ces descriptions ne lui auroient pas été nécessaires. Mais pour un jeune frince, au milieu d'une Cour, oü la galanterie passé pour politesse , oü chaque objet réveille mfailliblement le goüt des plaisirs , et oü touê :e qui 1'environne n'est occupé qüa le séduire :>our un tel Prince, dis-je , rien n'étoit plus nécessaire que de lui représenter avec cette aima>le pudeur , cette innocence et cette sagesse qu'on rouve dans Téïemaque, tous les détours séduiants de 1 amour insensé ; lui peindre ce vice lans son beau imaginaire , pour lui faire sentir nsuite sa difïormité réelle ; lui montrer 1'abyme Lans toute sa profondeur, pour 1'empêcher d'y

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