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CoNSIDERATIONS

que d'un feul grain de maïs ou de bied de Turquie, il en provienne deux mille autres grains; & qu'une feule graine de pavot le multiplie au point qu'en deux ou trois ans on puifle en enfemencer tout un champ! Pourroit-on fe perfuader que dans cette multipiication prodigieufe des plantes, Dieu n'eüt point eu en vue Putilité de fes créatures ?

II ne fauroit me refter aucun doute fur les intentions du Créateur, fa je confidéré Pufage qu'on a fait des végétaux depuis les tems les plus reculés. Tous ies jours les plantes & les fruits ne me fourniifent-ils pas les alimens les plus fains & les plus nourriffans? Mes vètemens , ma demeure , & les meubles qui me procurent tant de commodités & d'agrément, ne les dois je point pour la plupart au regne végétal ? II n'y a aucune partie des plantes qui n'ait fon utilité. Les racines fourniifent des médicamens, elles fervent a la nourriture, au chautfage, a faire de la poix, des teintures, & toutes fortes d'uftenciles. Du bois, on en fait du charbon, des batimens , du feu , des remedes, du papier, des teintures, & une multitude innombrable d'inftrumens. Ve'corce mème a fon utilité dans la médecine, dans les tanneries, &c. La aendre fert a engraiffer & a améliorer les terres, ablanchir la toile , a faire du falpétre , & 1'on fait ufage de la potaife dans la teinture. La ré fint eft utile aux peintres, on en fait des baumes, de la poix, du goudron; on fe fert de la térc'benthine en médecine, de la colophane pour verniifer, pour fouder , pour frotter les archets des inftrumens de mufique afin de les rendre plus fonores; du mafiic pour parfumer. Les fleurs récréent & réjouiffent tant par leurs couleurs que par leurs parfums, fer-

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