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bitans, ne sauroit par sa possession rendre un prince puissant. Je crois qu'un monarque, qui posséderoit les vastes déserts de la Lybie et du Barca , ne seroit guère redoutable , et qu'un inillion de pantères, de bons et de crocodilesne vaut pas un milliön de sujets , des villes riches , des ports navigables remplis de vaisseaux , des citoyens industrieux , des troupes , et tout ce que produit un pays bienpeuplé. Toutïe monde convient quo la force d'un État ne consiste point dans letendue de ses bornes , mais dans le nombre de ses habitans. Comparez la Hollande avec la Russie ; vous ne voyez qu'isles marécageuscs et stériles , qui s elèvent du sein dcl'océan ; une petite république qui n'a que 48 lieues de long sur 40 de large : mais ce petit corps est tout nerf; un peuple immense 1'habite, et ce peuple industries cttric pm'ssant ettrès-riche; il a secoué le joug de la domination espagnole , qui étoit alors la monarchie la plus formidable de 1'Europe. Le commerce de cette république s'étend j'usqu'aux extrêmités du monde; elle flgüre immédiatement après les rois ; elle peut entretenir en temps de guerre une armée de cinquante mille combattans , sans compter une flotte nombreuse et bien entretenue.

Jetez d'un autre cóté les yeux sur la Russie ; c'est un pays immense qui se présente a votre vue , c'est un monde semblable a 1'univers , lorsqu'il futtirédu chaos. Ce pays e^t limitrophe d'un cöté de la grande Tartarie et des Indes d'un autre de la Mer-Noire et de la Hongrie ; ics frontières s'étendcnt j'usqu'a la Pologne, a

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