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Charles IX, ou L'ecole des rois, tragédie.

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DE LA LIBERTÉ

DU THÉATRE

EN FRANCE,

C E v x qui penfeut & qui favent exprimer leurs penfées, font Jes plus redoutables ennemis de la tyrannie & du fanatisme, ces deux grands fléaux du monde. L'imprimerie doit détruire, & la longue, la foule innombrable des préjugés. Grace a cette découverte, la plus importante de toutes, on ne verra plus Vefprit humain rétrograder, & des fiècles de barbarie fuccéder aux fiècles de lumières. En vain ceux qui font intérefTés il fromper les peuples, veudraient maintenant ralentir la coramu.» nication des idéés. La perfécution contre les livres ne fait qu'irriter le génie : elle ne faurait empêcher, ni même retarder les révolutions qui s'opéreront, de fiècle en fiècle, dans 1'es. prit général; & les perfécuteurs ne réuffiront qu'a fe rendre pdieux, en troublant, il eft vrai, le repos des écrivains Mus? p:es, mais en augmentant leur célébrité.

IL Cependant, lorfqu'un gouvernement s'efforce, quoique jnfruftueufement, de gêner, de quelque manière que ce foit, Ie commerce des penfées, on peut en conclure, fans héfiter, que la nation foumife a ce gouvernement ne connait aucune liberté. Lorfque cette nation, laffe d'être avilie, veut reffaifir des droits imprefcriptibles, elle doit commencer par fecouer ces entraves ridicules qu'on donne a 1'efprit des citoyens, Aiors il devient permis de publier fes penfées, fous toutes les formes poffibles. II ne faut pas s'imaginer qu'on penfe libreroent chez une nation oü le théatre eft encore foumis è des lois arbitraires, tandis que la preffe eft libre; & ce n'eft pas i la fm du dix-huitième fiècle, que des Francais peuvent contefter 1'extrême importance du théatre.

III. Les mceurs d'une nation forment d'ahord refprit de fes ouvrages dramatiques; biemót fes ouvrages dramatiques forment fon efprit. L'influence du théatre fur les mceurs n'a pas befoin d'être prouvée, puifqu'elle eft indifpenfable. L'amour-