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Skct. V Hijl. d<

Holland 1555-15

Satis effi

Nouvell remontrar, ees.

Inutiles. Emeutes.

510 HISTOIRE DE HOLLANDE

[. ce qui imérefloit fes Etats; qu'ils n'avoient jamais fongé a demander la perte • de Granvelle; qu'ils verroient avec joye fa fortune èk fa profpérité, tiilleurs jj que dans les Pays-bas; que le Hoi pouvoit 1'employer plus utilement dans _ quelqu'autre de fes Etats; qu'il ne connoiffoit pas aifez Ie caraétere des Flamans pour les gouverner; qu'ils ne fe feroient pas attendus qu'on les crut propres au röle de délateurs; que d'ailleurs ils n'aimoient pas affez le Cardinal pour faire un voyage en Efpagne, a caufe de lui: que le Roi pouvoit s'informcr par lui-même de la véritable fituation de 1'Etat; qu'il apprendroit que bientöt il ne fera plus tems de chercher des remcdes; qu'enfin, puifque le Roi leur accordoit fi peu de confiance, ils le fupplioient de leur permettre de ne plus afllfter au Confeil, oü ils ne pourroient que déroger a leur dignité, fans aucune efpérance d'être d'aucune utilité, tant que le Cardinal y conferveroit fon autorité. (1) t. Philippe répondit qu'il feroit attemion a leurs remontrances, mais qu'en attendant, il les prioit de continuer d'entrer au Confeil. Us obéirent, mais " convaincus que le Roi ne vouloit pas renvoyer Granvelle, ils lui adrefferent - encore un mémoire, dans Iequel ils lui repréfentoient que le rappel du Cardinal étoit d'autant plus indifpenfable, que le peuple perfuadé qu'il étoit trop foible pour fupporter tout le poids du gouvernement, dont néanmoins il ufurpoit tout le pouvoir, étoit prêt a fe révolter; qu'il étoit tems que Sa Majefté ceflat de s'opiniatrer \ foutenir un homme, qui, par la licence de fes mceurs èk la rigueur de fon intolérance, hatbit la ruine de 1'Eglife & de la Foi , dont^la Noblefle avoit été jufques alors le plus ferme appui. Us ajoutoient, qu'on ne pouvoit prêter aucun motif d'ambition a leurs remontrances, puifqu'ils remettoient au Roi, le dépot de fon autorité & qu'ils le fupplioient d'accepter leur démiflion, èk d'agréer leur retraite. (2)

Le Prince d'Orange, les Comtes d'Egmond & de Hoorn fignerent ce mémoire en qualité de Confeillers d'Etat; les Stadhouders ne ménagerent plus Granvelle & fes partifans; ils les accablerent de ridicules ék de mépris: cependant Philippe n'eut pas plus d'égard aux dernieres remontrances qu'aux précédentes: il envoya de nouveaux ordres a la Gouvernante & il fut aifé de prévoir que la guerre civile ne tarderoit pas a s'allumer. II y avoit fréquemment des émeutes dans les villes; le Miniflre Fabry, que les archers conduifoient au fupplice, fut arraché de leurs mains. On n'exécutoit plus les Proteftans que fecrétement; exécutions toujours odieufes, parcequ'elles font contraires au but que la loi fe propofe en ordonnant la mort des coupables, Fexemple Public. „ Les Magiftrats rencontroient des difficultés infur„ montables a faire exécuter les ordres de la Cour, & le nombre des Pro„ teftans augmentoit chaque jour, en raifon des efforts que la Régence ék „ fes,Miniftres faifoient pour les détruire." (3) D'un autre cöté, les difputes de Religion ék Pacharnement des partis ne produifoient que le doute, Fincertitude ék enfin Pincrédulité, ék ceux qui avoient du penchant au libertinage, rejettant l'un ék 1'autre dogme, fe Iivroient a une licence eflrénéerdes fcélérats s'attrouperent, pillerent le couvent des religieufes d'Ouderghern, y commirent toute forte d'horreurs ék brülerent 1'églife.

CO Watfon Hift. de Philippe II, T. I. L. (O Hift! gén. des Prov. Unies

T. V. c. 13. C3; Watfon L. 7.

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