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De la sagesse, trois livres.

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DE LA S A G E S S E,

s'affligeoit pour ce qui arrivé au corps , 1'efprit ferviroit au corps. Celui-la ne feroit-il pas trop délicat qui crieroit & hueroit, pource que l'on lui auroit gaté fa robe ? que quelque épine la lui auroit accrochée? quelqu'un paffant la lui auroit déchirée ? Un vil frippier peut-être s'en plaindroit, qui en voudroit fon profit. Mais un grand & riche s'en riroit, & n'en feroit compte, comparant cette perte au refte des biens qu'il a. Or, ce corps n'eft qu'une robe empruntée pour faire paroitre notre efprit fur ce bas & tumultuaire théatre, duquel feul devons faire cas , & procurer fon honneur & fon repos. Et d'oü vient que l'on fouffre avec tant d'impatience la douleur ? C'eft que l'on n'eft pas accoutumé de chercher fon contentement en 1'ame , non afiueverunt animo cjje contenti, nimium illis cum corpore fuit. L'on a trop de commerce avec le corps. II femble que la douleur s'en orgueilliffe nous voyant trembler fous elle.

Elle nous apprend a nous dégoüter de ce qu'il nous faut laiffer, & a nous déprendre de la piperie de ce monde, fervice très-notable.

La joie & le plaifir de la fanté recouvrée, après que la douleur aura fait fon cours , ce fera comme une lumiere belle & claire, tellement qu'il femble que nature nous ait prêté la douleur, pour 1'honneur & fervice de la volupté & de 1'indolence.

6.