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Vie privée du maréchal De Richelieu, contenant ses amours et intrigues

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Vie privée

avoit fonné, ce qui caufoit 1'arrivéè de fon laquais: il fallut être tranquille; mais je fus pétrifié, quand elle . lui dit avec le plus grand fang froid • M. de Fronfac demande un verre d'eau; appellez mademoifelle Vincent, & qu'on mette mes chevaux. Je fus fi étourdi de la fin de cette aventure, que je ne pus ni parler, ni même regarder la ducheffe * *. J'étois furieux ; je faifo;s mille projets de vengeance; & le laquais exa£t aremplir les ordres de fa maitreffe, m'avoit déja apporté eet impertinent verre d'eau, que je n'avois aucune idéé fixe fur ce que je devois faire. Cette plaifanterie cadroit fi peu avec le caractère de la ducheffe , que je n'en pouvois pas revenir : c'eft tout ce qu'auroit pu faire une coquette exercée au manége de la galanterie; mais une femme tendre, que le cceur feul avoit rendu foible, qui avoit pleuré tant de fois fa défaite, qui n'avoit été égarée que par un amour infurmontable auquel elle n'avoit pu réfifter, ne devoit pas, felon moi, fe conduire de la forte ; c'étoit du mépris; &c quand je me rappellois la fcène oü je lui remis mon portrait, qu'elle avoit juré de garder toute Ia vie, cette fcène qui venoit de fe paffer, oü j'avois été témoin qu'elle s'occupoit toujours de moi, par les vers qu'elle avoit eu tant de plaifir a compofer , je croyois me tromper, & je ne pouvois penfer que ce fut la même femme. . J'avois le coude appuyé fur la cheminée, & j'étois abforbé par des réflexions qui fuccédoient rapidement les unes aux autres. Je regardai maehinalement la ducheffe * *, qui étoit toujours fur le canapé oü je 1'avois conduite malgré elle. Sa tête étoit baifTée fur fon fein, qui paroiffoit