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Les veillées du chateau, ou Cours de morale a l'usage des enfans.

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232 Les Veillées

prudent de me faire une confidence qui, malheureufement, produifit un effet tout contraire ft celui qu'il en attendoit. II m'avoua qu'il avoit, depuis long-temps, une inclination fecrete. Celle que j'aime, ajoula-t-il, m'a fait donner ma parole d'honneur de ne confier ce fecret ft perfonne; des raifons de families très-importantes l'obiigent ft ce myftere. I! n'y a que trois |ours, quoique je l'aye tenté mille fois depuis un an, que j'ai pu obtenir d'elle la iimplepcrmiffion de vous faire connoitre la fituation de mon cceur; mais en même-temps elle s'obiïine toujours a vouloirquejev>uscache fon nom. Ce difcours de Sinclair, s'il eüt été prononcé avec un air ouvert & naturel , auroit peut-être rétabli pour jamais la tranquillitédans mon ame; mais Sinclair, outre le defir de me donner une preuvede confiance, avoit encore celui de m'infpirer ft fon égard une parfaite fécurité; enmêmetemps il vouloit me cacber qu'il eüt pénétré ma jaloufie, & cette efpece de diiiimulation lui donnoit un air de contrainte & d'embarras qui ne m'échappa point, & qui me rendit toute ma défi.wice.

En me difant la vérité fans aucun déguïfement;_en m'avouant qu'il s'étoitappercu de mes inquiétudes oi trageantes; en ajoutant que pour en prévenir le retour , il m'apprenoit qu'il étoit lié par un engagement fecret, Sinclair m'auroit parlé fans embarras, il m'auroit perfuadé. Par une délicateffe efiimable, il voulut m'épargner