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Oeuvres badines, completes.

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98 Sur des Feuilles

ques-unes de nos dames qui font toujours a 1'afrut de la jeuneffe qui entre dans le monde, &f que 1'on connoït pour être ce que 1'on appelle fur le trottoir : Enfin peu-a-peu Célidamie devint touta-fait la femme de Philinte, c'eft-a-dire, qu'elle ne vit plus fon mari que dans des maifons étrangères oü le hazard les faifoit rencontrer ; elle fouffrit d'abord impatiemment , avec douleur même, les froideurs de fon mari. Enfuite fon amour-propre fut offenfé des femmes qu'il lui préféroit ; enfin quelques amies prêchant d'exemple , & qui fur le rouge comme fur les amans , tourmentent également une jeune perfonne, lui repréfentèrent 1'inutilité & la platitude d'une douleur qu'il eüt été honteux de laiffer appercevoir, & lui propofèrent la douce confolation d'aimer & de fe venger; Célidamie fuccomba , elle aima , fut aimée , quitta y fut abandonnée , fut a la mode, & donna plufieurs. enfans a un mari qui ne manquoit pas d'en donner a d'autres; c'étoit le meilleur ménage de la ville; les femmes , & tout ce qu'on appelle la bonne compagnie applaudiffoit. Qu'arriva-t-il? Philinte tomba malade, la petite vérole fe déclare; Célidamie s'enferme avec lui, & non-feulement entretient un commerce de lettres avec fon amant, mais, qui plus eft le recoit toutes les nuits dans la maifon du malade , ne s'entretient que des agrémens du veuvage, trop a la mode & trop defiré, me femble,