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Supplement aux Œuvres.

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Vlme* Promenade» 97

Une fois convaincu qu'il n'y a que menfonge & fauiïeté dans les démonflrations grimacieres qu'oa me prodigue, j'ai palTé rapidement a 1'autre extrêmité: car, quand on eft une fois forti de fon naturel, il n'y a plus de bornes qui nous retiennent. Dès-lors je me fuis dégoüté des hommes, & ma volonté concourant avec la leur a eet égard, me tient encore plus éloigné d'eux que ne font toutes leurs machines.

Ils ont beau faire: cette répugnance ne peut jamais aller jufqu'a 1'averfion. En penfant a Ia dépendance ou ils fe font mis de moi pour me tenir dans la leur, ils me font une pitié réelle. Si je ne fuis malheureux, ils le font eux-mêmes; & chaque fois que je renire en moi, je les trouve toujours a plaindre. L'orgueil peut - être fe mêle encore a ces jugemens, je ine fens trop au-deffus d'eux pour les haïr. Ils peuvent m'intérefler tout au plus jufqu'au mépris, mais jamais jufqu'a. lahaine: enfin jem'aime trop moi-même, pour pouvoir haïr qui que ce foit. Ce feroit relferrer, comprimer mon exiftence, & je voudrois plutót 1'étendre fur tout 1'univers.

J'ai me mieux les fuir que les haïr. Leur afpeft frappe mes fens, & par eux, mon cceur d'impreflions que mille regards cruels me rendent pénibles; mais Ie mal - aife ceffe, auffitót que 1'objet qui le caufe a difparu. Je m'occupe d'eux , & bien malgré moi, par leur préfence, mais jamais par leur fouvenir. Quand je ne les vois plus, ils font pour moi comme s'ils n'exiftoient point.

Supplim. Tom. IV, E