is toegevoegd aan uw favorieten.

Supplement aux Œuvres.

Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

LivreIX.

& de beau ne peut entrer dans un cceur d'homme, dont je ne fuffe capablc entre !e ciel & moi. Voili d'oü naquit ma fubice éloquence, voilé d'oü fe répandit dans mts premiers livres ce feu vraiment célefte qui m'embrafoit, & dont pendant quarante ans il ne s'étoit pas échappé la moindre édncelle, paree qu'il n'étoit pas encore allumé.

J'étois vraiment transformé; mes amis, mes connoiffances ne me reconnoiffbient plus. Je n'étois plus cet homme timide & plutót honteux que modefte, qui n'ofoit ni fe préfenter ni parler; qu'un mot badin déconcertoit, qu'un regard de femme faifoit rougir. Audacieux, fier, intrépide, je portois par-tout une aflurance d'autant plus ferme qu'elle étoit fimple & réfidoit dan» mon ame plus que dans mon maintien. Le mépris que mes profondes méditations m'avoient infpiré pour les moeurs, les maximes & les préjugés de mon fiècle, me rendoit infenfible aux railleriesde ceux qui les avoient, & j'écrafois leurs petits bons-mots avec mes fentences, comme j'écraferois un infecle entre mes doigts. Quel changement! tout Paris répétoit les acres & mordans farcafmes de ce même homme, qui, deux ans auparavant & dix ans après, n'a jamais fu trouver la chofe qu'il avoit è dire, ni te mot qu'il devoit emploser. Qu'on cherche 1'état du monde le plus contraire a mon naturel, on trouvera celui-!a. Qu'on fe rappelle un de ces courts momens de ma vie oü je devenois un autre, & ceiïöis