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Julie.

C'eft 1'intérêt de mon petit Gomte qui me détermine. II voudroit être fans ceife avec moi, & je ne peux pas honnêtement me prêter a cela, n'eft-ce pas, mon ami ? Si nous étions mariés, 'je ne le quitterais pas un infïant, & j'empécherois bien Monfieur de Verville, qui, avec fit permiffion, eft un impertinent, je Tempécherais bien d'obféder mon mari & de chagriner fa bonne merfe. Pauvre petit frere, je t'aimerois tant, je te careflerois tant, que tu n'aurois pas, pas une minute a donner a tes amis.

Valbourg. Chere enfant, tu me rendrois ala gaité, fij'en étois fufceptible. Conferves-la long-temps cette candeur, gage d'une ame fenfible & pure. Efpérons, ma Julie. Le ciel n'abandonnera pas 1'innocence qu'il aime. O mon Dieu, dérobes-la a la malignité de fes ennemis. Julie, furprife. J'ai donc des ennemis, Monfieur le Comte ?

Valbourg. De bien cruels, mon enfant.

Julie. Je n'ai jamais fait de mal a perfonne.

Valbourg. Leur haine n'en eft pas moins aéiive.

Julie. Peuvent-ils empécher mon mariage?

Valbourg. J'efpere que non.

Julie.

En ce cas je leur pardonne. Mais allez donc, Monfieur le Comte, allez trouver ma bonne maman , & vous lui direz : Julie & d'Elmont s'aiment. Cette pauvre Julie n'eft rien , n'a rien. Mais elle a un bon cceur, & elle voudroit le partager entre vous & votre fils. Valbourg.

Je parlerai, Julie, je parlerai aujourd'hui peut-être, j'ofe m'en flatter. (lei d'Elmont & Verville paroiffent dans le. fond & écoutent J'approuve votre difcrétion envers Madame & fon fils. Ne confiez a perfonne ce que nous venons de nous dire. Je ne négligerai

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