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Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques. [...] Tome vingt-neuvième. III{e} division de la première classe, contenant les voyages imaginaires allégoriques.

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© E C A M P A G N t: £ïj2 lui caufa ce mouvement: il s'indigna de ce qui auroit tranfporté un autre de joie; que vous dirai-je , ma chère Céphife , il me vainquit en générofité , & je lui donnai en récompenfe un portrait de moi, que je portois a mon bras. II le recut comme celui de Venus. Ses tranfports étoient vifs; mais 1'air de grandeur ne 1'abandonnoit jamais, & tout étoit gracieux en lui. Je crus, le premier jour, n'être touchée que pour n'être pas ingrate ; mais je connus , bientöt après , que 1'amour tire fes coups jufte par - tout ; qu'il n'eft point de défert impénétrable a fes traits, & que la différence des conditions n'eft qu'un foible obftacle, quand on aime véritablement. Enfin , je fouffris qu'il me parlat en amant paffionné: je lui répondis prefque de même. II m'apportoit tous les jours de petits repas ruftiques, mais propres & bien entendus: nous les mangions enfemble. Le dragon venoit fouvent dans fon ïle, & ne paroiffoit point faché de notre union; quelquefois il me prenoit doucement avec une de fes griffes, pour me mener avec lui fur le bord de la mer : il y dormoit paifiblement. Delfirio fautoit alors dans fa barque, & chantoit des airs tendres pour me divertir; car il a la voix admirable. Cette vie me paroiffoit fi aimable & fi tranquille, que bien loin de fonger