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poète larmoyant, mais sincère, unit Werther et Ossian dans Ie même culte, et s'en inspire surtout dans son Jagement dernier (1787). En 1777 parait a Leipzig une imitation anonyme de Werther - on sait si elles furent nombreuses - avec ce titre: Extrait du Journal secret d'Edouard Blondheim. Non seulement on y remarque des traces d'influence ossianique, mais 1'auteur n'a pas manqué d'y placer un pastiche, la lamentation d'Ossian au tombeau d'Hidallah. Cet exemple est typique: Ossian doit faire partie d'un roman werthérien, et plutöt que d'aller prendre dans les poèmes un autre passage pour tenir la place de ceux que lit Werther a Charlotte, on fabrique de 1'Ossian. En France, Coupigny versifie d'après Werther la lamentation d'Armin des Chants de Selma, et, par une contamination assez heureuse, la fait précéder du court morceau de Berrathon que Werther lit également a Charlotte.

Une autre mode contemporaine du succès d'Ossian est celle de 1'idylle, que Gessner a renouvelée: on sait que son succès a multiplié dans toute 1'Europe les compositions en prose ou en vers du genre pastoral. L'ossianisme n'en est pas absent. Dans les ceuvres de Michel Bruce, mort en 1767, se trouve une Eglogue dans le go&t d'Ossian qu'on a attribuée, ainsi que plusieurs autres pièces, a son éditeur, John Logan. C'est un dialogue en prose entre Salgar et Morna, complètement ossianique de style. C'est un spectacle plaisant que ces images gigantesques, parfois effrayantes, employées dans la conversation de bergers amoureux avec leurs bergères: »0 Salgar! jeune homme a 1'ceil qui roule dans son orbite! ton visage est un soleil.. .; tes pas sont majestueux sur la colline;... tu es semblable a la lune..." En France, Perreau est plus intéressant. Ses Scènes Champêtres (1782) combinent de curieuse facon Gessner et Ossian. Comme je 1'ai indiqué plus en détail ailleurs, le premier lui fournit son cadre, ses tableaux, son dialogue et quelques détails; le second lui inspire une mélancolie plus grave et, de plus, 1'approvisionne de noms propres, parmi lesquels 1'inévitable Selma, de ville devenue jeune fille, comme dans tant d'autres imitateurs. D'ailleurs Laya, en 1799, indique formellement qu'Ossian doit prendre place parmi les «poètes pastoraux du troisiëme age"; ses hymnes »sont autant d'élégies pastorales plus touchantes que tout ce qu'on peut lire en ce genre."

J'ai signalé dans la première partie de cette étude la place que tient dans Ossian ce qu'on peut appeler la poésie sidérale, avec les

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